Depuis 2012, les produits de construction et de décoration vendus en France portent une étiquette obligatoire indiquant leur niveau d'émission en polluants volatils, sur une échelle de quatre classes : A+, A, B et C. Elle figure sur le pot ou l'emballage, à côté des mentions commerciales, et elle est très largement ignorée au moment de choisir.
Ce que la classe mesure réellement
Le classement ne repose pas sur une déclaration du fabricant mais sur une mesure : le produit est placé en chambre d'essai et ses émissions sont relevées après vingt-huit jours, pour une série de substances dont le formaldéhyde, le toluène et le total des composés organiques volatils. A+ correspond aux émissions les plus faibles, et l'échelle se dégrade jusqu'à la classe C. Deux peintures d'aspect identique et de prix voisin peuvent se trouver aux deux extrémités de l'échelle.
L'odeur de neuf est l'émission
Cette odeur caractéristique qui suit des travaux ou l'arrivée d'un meuble n'accompagne pas les composés volatils : elle est leur manifestation. Les émissions culminent juste après la pose puis décroissent, mais les panneaux de bois reconstitué collés aux résines uréiques peuvent continuer à en libérer pendant des mois. Le formaldéhyde, l'un des plus surveillés, est classé cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer. C'est dans une chambre, où l'on passe un tiers de sa vie porte fermée, que le choix de la classe compte le plus.
Le réflexe qui aggrave la situation
Face à une odeur persistante, la tentation est de la couvrir : parfum d'intérieur, bougie parfumée, bâtonnet d'encens. Ces produits ne suppriment rien et ajoutent leurs propres émissions, la combustion d'encens et de bougies libérant notamment du benzène et du formaldéhyde. Masquer une odeur revient donc à augmenter la charge que l'on cherchait à réduire.
Le seul levier qui fonctionne
Renouveler l'air reste la mesure efficace, et davantage encore dans les semaines qui suivent des travaux : aération large et fréquente, entrées d'air dégagées, extraction en état de marche. Choisir A+ réduit la source, la ventilation traite ce qui est déjà émis. Les deux se complètent, aucune ne remplace l'autre.









