Le compostage maison est la transformation, par les micro-organismes et les vers, des déchets de cuisine et du jardin sans pesticides en un compost sombre qui sert d'engrais naturel. Un composteur bien nourri, alternant matières humides et sèches, réduit nettement ses déchets.
- Où composter ?
- En tas ou en composteur de jardin posé à même le sol, en lombricomposteur ou en seau bokashi en appartement.
- Quoi mettre ?
- Épluchures, marc de café, restes de repas végétaux, feuilles mortes, carton brun, dans un équilibre entre matières humides et sèches.
- Quand l'utiliser ?
- Compost frais en paillage après trois ou quatre mois, compost mûr incorporé au sol après six à douze mois.
Comment faire du compost à la maison, étape par étape
Faire du compost demande peu de matériel : un contenant ou un emplacement, une fourche, et des déchets organiques déposés régulièrement. La fabrication du compost repose sur un processus de fermentation aérobie : des bactéries, des champignons puis la faune du sol (vers, cloportes, collemboles) décomposent la matière organique tant qu'ils disposent d'air, d'eau et d'un mélange de matières variées. Le compostage est un processus vivant, pas une simple mise en tas.
- Installer le composteur à même le sol, à l'ombre, accessible depuis la maison toute l'année.
- Démarrer par des branchages ou du broyat au fond, pour drainer et aérer la base.
- Apporter les déchets en petits morceaux : un trognon coupé se décompose bien plus vite qu'un chou entier.
- Alterner vert et brun à chaque remplissage, en couvrant les déchets de cuisine par une poignée de feuilles mortes ou de papier journal froissé.
- Brasser le tas de compost toutes les deux à quatre semaines pour faire entrer l'oxygène.
- Surveiller l'eau : la matière doit ressembler à une éponge essorée.
Au centre du compost, la température monte pendant les premières semaines : c'est le signe que le processus de compostage est lancé. Elle redescend ensuite, et la faune du sol prend le relais pour affiner la matière jusqu'à obtenir une couleur sombre et un parfum de sous-bois.
Quel type de composteur choisir selon son logement ?
Choisir son composteur dépend d'abord de la place disponible et du volume de déchets à traiter. Il n'existe pas de meilleur modèle dans l'absolu : les meilleurs composteurs sont ceux que l'on utilise sans effort au quotidien. Beaucoup de collectivités fournissent un composteur individuel à leurs habitants, ce qui vaut la peine d'être demandé à la mairie ou au syndicat de collecte des déchets.
| Solution de compostage | Logement adapté | Ce qu'il accepte | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Compostage en tas | Grand jardin | Gros volumes, déchets végétaux, tontes | Perd vite son eau sans couverture |
| Composteur de jardin en bois ou plastique | Maison avec jardin | Déchets de cuisine et de jardin | Brasser l'intérieur du bac |
| Composteur rotatif | Jardin réduit, terrasse | Volumes moyens | Pas de contact avec le sol ni les vers |
| Lombricomposteur | Appartement, balcon | Épluchures, marc de café, papier | Vers sensibles au froid et aux agrumes |
| Seau bokashi | Appartement, studio | Presque tous les restes de repas | Produit fermenté à enterrer ensuite |
Le composteur rotatif, monté sur un axe, se brasse d'un tour de manivelle : pratique, mais la matière n'est pas colonisée par les vers de terre. Le composteur de jardin posé au sol reste l'option la plus simple pour une maison, et le compostage en tas convient aux grands terrains où les déchets végétaux abondent.
Composter en appartement sans odeur
Le compostage en intérieur passe par deux techniques. Le lombricomposteur, composteur d'appartement à plateaux superposés, héberge des vers qui digèrent les déchets de cuisine ; on récupère du lombricompost et un jus de compost à diluer pour arroser les plantes. Le seau bokashi, composteur de cuisine hermétique, fait fermenter les restes avec un activateur de compost à base de micro-organismes. Bien conduits, les deux forment un composteur sans odeur, compatible avec la vie en milieu urbain. Le bokashi ne donne pas un compost fini : sa matière fermentée s'enterre dans une jardinière ou au pied des plantes, où elle se décompose en quelques semaines. Sans jardin ni balcon, le compostage partagé en pied d'immeuble ou de quartier reste une voie pour composter à la maison ce que l'on trie.
Quels déchets mettre dans le compost ?
Les déchets compostables se répartissent en deux familles qu'il faut mélanger. Les matières azotées, dites vertes, sont humides et se décomposent vite ; les matières carbonées, dites brunes, sont sèches et donnent la structure. Un compost qui ne reçoit que des épluchures devient une pâte qui fermente mal ; un compost de feuilles mortes seules ne chauffe jamais.
| Matières vertes (humides, azotées) | Matières brunes (sèches, carbonées) |
|---|---|
| Épluchures de fruits et de légumes, fruits abîmés | Feuilles mortes |
| Marc de café et filtres, sachets de thé | Carton ondulé et papier non imprimé déchirés |
| Tontes de gazon fraîches | Paille, foin |
| Restes de repas végétaux, pain rassis | Broyat de branches, copeaux et sciure de bois non traité |
| Fleurs fanées, feuilles de plante d'intérieur | Coquilles d'œuf écrasées, rouleaux de papier toilette |
La règle pratique tient dans un volume : environ deux tiers de matières carbonées pour un tiers de déchets humides, ajusté à l'œil. Les branches issues de la taille gagnent à être broyées avant d'entrer dans le bac ; si vous devez élaguer un arbre sans l'abîmer, gardez le broyat en tas à côté du composteur pour couvrir chaque dépôt d'épluchures.
À l'inverse, certains éléments restent hors du composteur domestique : viande et poisson (ils attirent les animaux et sentent fort), produits laitiers en quantité, huiles, litières et déjections d'animaux carnivores, végétaux malades ou traités, cendres de charbon, papier glacé ou imprimé en couleur. Le pain et les coquilles passent sans difficulté en petites quantités.
Odeurs, mouches, compost qui ne chauffe pas : réponses pratiques
Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?
Une odeur d'œuf pourri ou de pourriture vient d'un excès d'humidité et d'un manque d'air : la matière se tasse et fermente sans oxygène. Il faut brasser le tas et ajouter du carton ou du broyat. Un relent d'ammoniaque signale au contraire trop de déchets humides, notamment de tontes en couche épaisse.
Faut-il un activateur de compost ?
Aucun produit de démarrage n'est nécessaire dans un composteur de jardin posé au sol : les micro-organismes arrivent seuls du sol. Une pelletée de compost mûr joue le même rôle au démarrage. Seul le bokashi exige son mélange de micro-organismes, qui conduit la fermentation.
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Il faut compter trois à quatre mois pour un compost frais, encore grossier, et six à douze mois pour un compost mûr, selon la saison, le brassage et la taille des morceaux. Un tas retourné souvent et bien équilibré avance plus vite qu'un bac oublié.
Réussir son compost : humidité, aération et maturité
Réussir son compost revient à tenir trois paramètres. L'eau d'abord : par temps chaud, arroser légèrement un tas devenu poussiéreux ; en hiver ou par temps de pluie, ajouter du broyat et couvrir. L'aération ensuite : sans air, les bactéries aérobies laissent la place à une fermentation malodorante, d'où l'intérêt du brassage régulier et de la couche de branchages au fond. La diversité enfin : plus les matières sont variées, plus la faune du compost est active.
Le compost est mûr quand on ne reconnaît plus les déchets d'origine, sauf quelques morceaux de bois ou de coquilles, qu'il a une couleur sombre, une texture grumeleuse et un parfum de sous-bois humide. Un test simple : semer quelques graines de cresson dans un pot de compost. Si elles lèvent normalement, le compost est prêt pour les semis ; si elles jaunissent, il faut attendre.
Ce guide pour faire son compost vaut pour tous les contenants : seule la vitesse change. Dans un composteur fermé de faible volume, la chaleur monte moins, et les graines d'herbes indésirables survivent davantage ; mieux vaut alors éviter les plantes montées en graines.
Comment utiliser son compost au jardin ?
L'utilisation du compost dépend de sa maturité. Le compost frais, encore fibreux, s'étale en paillage au pied des arbustes, des haies ou des légumes gourmands comme les courges et les tomates, sans l'enfouir. Le compost mûr s'incorpore en surface, sur les cinq premiers centimètres du sol, à l'automne ou au printemps : cet apport au sol nourrit la vie du sol et améliore la structure des sols sableux comme argileux.
- Au potager : en couche de deux à trois centimètres avant les plantations, pour un potager cultivé sans engrais chimique.
- Pour les semis et les rempotages : un compost bien mûr, tamisé et mélangé à du terreau et du sable.
- Pour les plantes d'intérieur : une fine couche en surface au printemps, ou le jus de compost du lombricomposteur dilué dans l'eau d'arrosage.
- Pour la pelouse : un compost tamisé épandu finement au printemps.
Le compost n'est pas un produit chimique concentré : c'est un fertilisant naturel à action lente, qui sert surtout à fertiliser les plantes en entretenant l'humus. Utilisé en excès au pied de jeunes semis, un compost trop frais peut au contraire les gêner.
Pourquoi le compostage domestique réduit l'impact environnemental du foyer
Les biodéchets (restes de repas, déchets alimentaires et déchets végétaux) représentent environ un tiers du poids des ordures ménagères résiduelles selon l'ADEME. Depuis le 1er janvier 2024, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire impose aux collectivités de proposer une solution de tri à la source de ces biodéchets : collecte séparée ou compostage de proximité. Le compostage domestique est l'une de ces réponses.
Composter son propre compost évite le transport et l'incinération de déchets composés surtout d'eau, et limite l'effet de serre lié à leur traitement. Il réduit aussi le recours aux sacs de terreau et aux fertilisants du commerce, puisque le compost maison devient un engrais maison gratuit. Associé à la lutte contre le gaspillage alimentaire, c'est une solution écologique accessible à tous les foyers, qui s'inscrit dans un mode de vie plus sobre et dans la transition écologique sans demander d'investissement important.
Pour les foyers qui hésitent, le compostage individuel peut démarrer modestement : un seau sur le plan de travail, un bac au fond du jardin et quelques minutes par semaine suffisent pour voir, après une saison, la poubelle s'alléger et le compost au jardin remplacer les amendements achetés.














